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LE LAPIN SUR LE TOIT, MARQUE EXOTIQUE

Américain exilé en France, Peter Stelzner, quarante-deux ans, est ébéniste et passionné de ski. Il a créé une marque de ski confidentielle, The Rabbit on the roof, basée dans le 93. Avec ce CV improbable, Peter jongle entre La Grave et son atelier. Interview.

Freepresse.com, le 20/11/2007

D'où vient le nom de votre marque The Rabbit on the roof ?
Tout simplement parce que j'ai des lapins sur le toit de mon atelier ! Ils ne peuvent pas sortir à cause d'un muret. Le premier lapin, c'était le mien, et maintenant les voisins s'y sont mis, les lapins se sont reproduits et il y en a une dizaine.


À part fabricant de ski, quel est ton vrai métier ?
Ébéniste. Je fabrique du mobilier contemporain depuis quinze ans. Il y a cinq ans j'ai racheté un vieil atelier en faillite qui faisait du bois cintré à la vapeur et du contreplaqué moulé. Aujourd'hui, je fabrique des brancards pour les attelages hippiques, des carrosses et toujours du mobilier.


Pourquoi fabriquer des skis ? Il n'y a pas beaucoup de neige dans le 93 ?
Je suis skieur et j'avais cette frustration de ne pas arriver à skier autant que je le voulais. Alors je me suis dit que pour mes quarante ans, je pouvais me faire plaisir en utilisant ces machines pour un projet personnel.


Comment est-ce qu'on s'improvise shapeur de ski ?
Dès que j'ai cinq minutes, je lis les magazines de skis, je note toutes les lignes de cotes, je fais des gabarits. J'ai eu pas mal de chance au début, mes skis ont bien marché dès la première fois. Ils étaient en frêne plaqué palissandre. Ensuite, j'ai rencontré Christophe Fernandez de Repzone shop à Briançon qui me structure les semelles à la pierre. Il a vraiment amélioré mes skis. J'ai même fait des skis pour des guides et ils les adorent. Les riders m'ont aussi beaucoup aidé à améliorer mes skis.

Peux-tu nous décrire ta gamme Meije Mastars
On trouve : The mountain goat (petit parabolique assez court, assez taillé, en forme de pied de bouquetin), Cousin bulgare (un mid-fat basé sur un ski d'hélico d'Atomic, 183, très marrant, passe-partout. Je l'avais fabriqué pour mon voyage d'héliski en Bulgarie), The couloir collector (plus fin, pin-tail, pour les guides et la rando, hyper léger), Miss Brevoort (du nom d'une excentrique alpiniste qui a tenté de gravir la Meije. C'est un ski femme, plus court, plus accessible) et un dernier ski, sans nom pour le moment (sorti pour un skieur qui s'appelle Seb Meyer, il a gagné le Derby de la Meije en télémark. C'est un gros fat assez taillé).


On peut comparer tes skis à ceux de Tardy qui travaille lui aussi tout en bois ?
Non, les miens sont plus souples et plus performants que ceux de Tardy car j'intègre de la fibre et du kevlar, c'est plus sain pour le comportement. Pas parfait mais sain, ça compense les défaut du bois. Tardy, lui, compense par des épaisseurs de lamellé-collé et il est beaucoup plus raide en spatule. Je fais tout de A à Z. Mes skis sont composés d'une seule pièce massive de bois maintenue par les fibres. Le kevlar allège et le carbone donne du punch. J'utilise aussi l'huile de lin, comme sur les vieux meubles dans les chalets et qui s'embellissent. Quand tu as fini de skier, tu peux l'accrocher au mur et te souvenir du ride. Ce sont des skis beaux et performants !


Les prix ?
Entre 800 et 1200 euros (on peut faire plus cher sur les matières et les essences de bois). Je travaille deux jours environ sur une paire de ski. Le délai de livraison est de un mois.