« L’époque des pionniers est aujourd’hui révolue. L’innovation de demain ne sera pas à dominante technologique. Elle se mesurera davantage en termes de prise en compte de l’environnement, d’amélioration du confort et de la sécurité de l’usager €». En quelques mots, Christian Bouvier, directeur commercial de Pomagalski, le principal fabricant français de remontées mécaniques, balaye toutes nos illusions. Adieu les rêves de métros suspendus, d’appareils sans câbles ou sans pylônes, de remontées fonctionnant à Mach 12. « Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de progrès technique des remontées mécaniques dans le futur, poursuit Christian Bouvier. On peut tout à fait imaginer des sièges chauffants, des cabines totalement insonorisées ou encore des télésièges à dix ou douze places. » Mais, davantage que par les rêves les plus fous des ingénieurs, l’évolution des appareils de demain sera dictée par les préoccupations des clients des fabricants de remontées mécaniques, à savoir les stations de ski. Et au premier titre de ces préoccupations figure le respect de l’environnement. Ainsi, la station des Ménuires devrait être, au mois de mars 2006, l’une des premières en France à obtenir la certification Iso 14 001, une norme de qualité en matière d’environnement. « En ce qui concerne les remontées mécaniques, ça veut par exemple dire installer des bâches étanches sous les gares de télésièges, qui soient directement reliées à des collecteurs, afin d’éviter que l’huile servant au fonctionnement des appareils ne vienne polluer le sol en cas de fuite. Ça signifie aussi installer des câbles galvanisés sur les remontées, autrement dit des câbles avec des dépôts de zinc qui empêchent la rouille. Nous avons déjà entamé des démarches de ce type depuis quelques années, nous allons les multiplier et les généraliser à l’avenir. »
Moins de pollution, plus de confortAutre axe de travail : l’amélioration du confort des usagers. Les clients des stations de ski souhaitent attendre moins longtemps aux remontées, embarquer en douceur sur les télésièges, ne pas avoir à monter d’escalier pour accéder à la gare de départ d’une télécabine ou d’un téléphérique, etc. « Pour satisfaire ces besoins, il suffit souvent de créer de nouvelles configurations des appareils à partir de ce que nous avons déjà, pas nécessairement d’inventer de toute pièce des machines révolutionnaires qui en mettent plein la vue », affirme Christian Bouvier. Le télésiège débrayable six places des Romains, inauguré cet hiver à l’Alpe d’Huez, témoigne de cet état d’esprit. Un tapis roulant a été installé pour faciliter l’embarquement, ce qui permet au final d’accélérer la vitesse du télésiège et ainsi améliorer son débit horaire (3600 personnes transportées contre 3000 pour un télésiège débrayable six places « standard », sans tapis roulant d’embarquement). Autrement dit, il ne faut pas s’attendre à voir débarquer des remontées totalement futuristes ressemblant à des navettes spatiales. Les créations les plus novatrices devraient davantage se situer dans la lignée du Télémix de Rocherousse, cette remontée installée à Orcières-Merlette lors de l’hiver 2003-2004, qui alterne sur le même câble sièges et cabines. Le futur des remontées mécaniques, c’est aussi des remontées mécaniques moins nombreuses et plus grosses, plus performantes. Les téléskis, qui représentent aujourd’hui la majeure partie du parc français de remontées mécaniques (2801 sur 3962 appareils au total recensés au 1er janvier 2005), pourraient bien devenir d’ici quelques années une espèce en voie de disparition.
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Des dameuse bios et autonomesComme les remontées mécaniques, les engins de damage des pistes ont accompli de gros progrès au cours de ces dernières années. Parmi les plus spectaculaires, citons l’utilisation du GPS (guidage par satellite), qui permet aujourd’hui de localiser la machine avec précision, d’afficher les obstacles (pylônes, enneigeurs, zones dangereuses, câble de treuil..) sur un écran embarqué, offrant ainsi un repérage aisé même dans des conditions de mauvaise visibilité. Le GPS embarqué propose aussi de mesurer l’épaisseur de neige en temps réel, facilitant le travail du conducteur (transport de neige à certains endroits) ou l’intervention du snowmaker. La productivité du travail est accrue grâce à l’optimisation des trajectoires enregistrées par le GPS. Le responsable de damage connaît en temps réel la liste des pistes damées ou non, le nombre de passes et peut optimiser son travail à l’aide des statistiques de damage conservées dans le système informatique. On pourrait dès lors imaginer, dans quelques années, une dameuse sans chauffeur, guidée uniquement par GPS. A l’image du GPS, on peut présager que l’électronique prenne un part de plus en plus importante dans le damage : capteur embarqué spécifiant la qualité de la neige, les conditions météo, le design de piste , le réglage automatique de la fraise en fonction du travail souhaitée etc. Enfin, la prise en compte de l’environnement influera aussi sur la conception de la dameuse du futur. Toutes les solutions sont envisageables dans la motorisation des engins de damage, l’électrique, le solaire, ou encore le carburant bio, que le fabricant Kässbohrer teste actuellement.
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