Dès 1903, avec la naissance du club de ski de Cortina d’Ampezzo et le développement de ce nouveau sport, le ski, les fabricants de chaussures de Montebelluna utilisent leur savoir-faire développé avec les chaussures de montagne pour concevoir les premières chaussures de ski. Au début, la chaussure de ski est une variante de celle de marche : on lui ajoute juste des étriers métalliques pour faciliter la fixation. Les entreprises du coin (Nordica, Dolomite, Munari, Alpina...), qui fabriquent aussi des chaussures de golf, de foot, des patins à glace, se spécialisent peu à peu dans la chaussure de ski. Des champions contribuent à la promotion de la région : avec la fameuse « Master » de chez Munari, Toni Sailer gagne les J.O. de Cortina en 1956 et Zeno Colo remporte les Championnats du monde de descente avec une paire de chaussures Nordica en 1955.
Vive les crochets
Dans les années soixante, la production de chaussures de ski augmente, passant de 180 000 paires en 1963 à 700 000 en 1969. Après une gestation de près de dix ans (la marque suisse Henke avait mis au point des prototypes dès 1952), le crochet fait son apparition. C’est une révolution, on peut désormais avoir un serrage rapide, homogène et constant par comparaison aux lacets qui, avec le temps et l’humidité, s’abîmaient et se desserraient. Les années suivantes, le crochet subit de multiples variations et améliorations mais garde son aspect original. En 1955 et 1956, ce sont la vulcanisation et l’injection qui vont faire radicalement évoluer la chaussure de ski : elle n’est plus en cuir mais en plastique. En 1964-1965, Bob Lange, technicien dans le Colorado, réalise une chaussure tout en plastique, Nordica l’améliore en injectant le polyuréthane au lieu de le couler. L’importance de la recherche s’intensifie. Les modèles se succèdent : chaussure à coque haute, puis rabaissée, mono-crochet, entrée arrière, etc... C’est le boom : on produisait 250 000 paires à Montebelluna en 1960, on en produit près de 4,1 millions en 1979.
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L’avenir couleur freestyle ?
Aujourd’hui, après de multiples rachats et regroupements (comme le groupe Tecnica qui rassemble Tecnica, Nordica, Lowa et Dolomite), des délocalisations notamment en Europe de l’Est, le marché mondial compte une petite vingtaine de marques (Salomon, Head, Nordica, Tecnica, Atomic, Fischer, Rossignol, Lange, Lowa, Dolomite, Garmont, Dynafit, Scarpa, Dalbello, Rexxam, Strölz) se partageant un marché de plus de 4,5 millions de paires de chaussures. Si le consensus actuel se porte sur la chaussure à quatre crochets (avec des incursions dans le trois crochets pour Salomon et le modèle toujours atypique de Dalbello avec sa languette), le freestyle est en train de chambouler les habitudes et d’apporter des idées nouvelles. Montebelluna n’a pas fini de penser à nos pieds. Free Presse
Source : Le guide du musée de la chaussure de Montebelluna (par Aldo et Valentina Durante, Editions Danilo Zanetti). |